Camille Allemand

Diplômé de l’École nationale supérieur d’art de Limoges,
Vit et travaille à Marseille

Exposition à Neuvéglise-sur-Truyère

J’avance dans mon travail en faisant des allers-retours entre art et vie quotidienne, entre réalité recomposée et bizarrerie. Par un travail quotidien de recherche d’informations sur l’actualité, d’investigation de la rue, des magasins ou bien d’histoires et images farfelues d’internet ou de livres qui activent l’imaginaire que je digère par la peinture principalement, mais aussi l’écriture, l’édition ou la céramique. Dans mes peintures j’essaye de garder une ambivalence du langage pictural en permanence pour ne pas s’arrêter au contenu et faire en sorte que ma peinture soit un espace de liberté réel comme celui d’un écrivain. Mes histoires sont d’ailleurs souvent des situations de mise à l’épreuve de l’autorité. Ce sont des bouts de récits où j’essaye de tout mettre au même niveau en produisant des décalages, comme un personnage de cartoon enfantin collé sur une référence à la culture érudite ou bien une peinture médiévale didactique comme un Jérôme Bosch ou l’esthétique du foirage de Mike Kelley.

Neuvéglise-sur-Truyère

Neuvéglise-sur-Truyère, un bourg florissant

Le chemin de fer conquiert petit à petit la France au XIXe siècle. Dans le Cantal, il franchit triomphalement les Gorges de la Truyère en 1888 grâce au Viaduc de Garabit.
A Neuvéglise, les habitants s’attendent alors à le voir arriver sous peu chez eux. Pourtant, malgré un projet de ligne reliant Chaudes-Aigues à Saint-Flour, la gare de Neuvéglise ne verra jamais le jour. Le bourg, bien qu’enclavé dans les gorges de la Truyère, est pour autant un lieu d’échanges et de passage. Dans les rues défilent facteurs et marchands ambulants pour leurs tournées. Sur la place publique, entre marchands d’animaux et de fruits, la circulation est presque impossible au moment des foires. Si la machine à vapeur n’a jamais traversé Neuvéglise, on ne peut pas en dire autant de l’automobile. Au tournant du XXe siècle, les diligences laissent place aux autobus. La « Société Anonyme des Transports Automobiles », née à Chaudes-Aigues en 1907, conduit quotidiennement les Neuvéglisiens jusqu’à la gare de Saint-Flour. Le bourg compte alors de nombreux commerces : une quincaillerie, une épicerie, une boutique de vaisselle et bien sûr plusieurs cafés. Sans oublier les nombreux hôtels, comme l’Hôtel du Centre, l’Hôtel du Midi et l’Hôtel des Voyageurs qui accueillent tous ceux de passage à Neuvéglise. Depuis le 1er janvier 2017, Neuvéglise, Lavastrie, Oradour et Sériers sont rassemblées au sein de la commune nouvelle de Neuvéglise-sur-Truyère.

© Photographie : D. Brugès