Julie Poulain & OPJ Cyganek

Exposition à Coltines

Diplômés de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergys,
vivent et travaillent à Paris

En explorant les ambiguïtés des relations à l’autre, entre partage et défense, entre désir d’être ensemble et affirmation de soi, notre travail traverse et utilise les médiums du volume, particulièrement la performance et la sculpture, et plus récemment la vidéo.

Dans des contextes aussi codifiés que ceux de l’école, du sport, d’un métier, de l’espace public ou d’une relation, nous pointons du doigt les conventions et les comportements qui régissent les relations au sein d’une
société. Par un jeu de reprise et de détournement, nous réinterprétons des gestes pour en créer de nouveaux, plus poétiques. Développant des protocoles de rencontre avec le public et des dispositifs
attachés à des fictions, nos oeuvres sont toujours liées à une idée d’activation, pour inventer ainsi d’autres manières d’échanger et d’entrer en relation avec l’autre.

Coltines

Au son des cloches et des sonnailles

Ce bourg de Planèze riche d’un patrimoine vernaculaire, et d’une architecture typiquement « planézarde », compte aussi une église, romane, pour l’essentiel de sa construction. En effet, l’église de Coltines, connue dès le début du XIIe siècle, possède une nef unique, une élégante coupole sur trompes, des chapiteaux aux personnages attachants, et possédait un clocher à peigne remplacé vers 1840 par un clocher carré à flèche. Au coeur de cet édifice, vous trouverez un objet insolite. Il s’agit d’une roue à clochettes. Nommée « roue à carillon », « roue de fortune » ou « rouet liturgique » dans d’autres régions, il n’en existe que quelques exemplaires en Auvergne, dont deux sur le territoire de Saint-Flour Communauté à Coltines et à Villedieu. Cet instrument se compose d’une roue de bois, ou de métal sur laquelle sont fixées plusieurs clochettes. A Coltines, seule la roue et son mécanisme sont anciens, les clochettes ont été ajoutées lors sa restauration. Ces roues, qui étaient très fréquentes en Europe durant le Moyen-Âge étaient utilisées dans la liturgie, et certainement à la manière des sonnettes ordinaires d’autel, servant autrefois pour annoncer une bénédiction ou le début de l’office. Parfois, leur usage a été détourné pour diverses demandes de guérisons, ou bien, comme à Trémouille, afin que les jeunes filles obtiennent un mari en faisant tourner la roue à clochettes. La Planèze résonne depuis longtemps, et encore aujourd’hui d’autres idiophones, dont les sons bercent la campagne au gré des habitantes des pâtures. Les sonnailles, au cou des vaches, sont l’un des beaux témoignages du monde agricole que vous pourrez découvrir au musée de l’Agriculture Auvergnate de Coltines.